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Archive de la catégorie Actualités
Quand la psychiatrie menace votre foyer
14.12.2010 par admin.
Un nouveau projet de loi sur l’internement psychiatrique prévoit d’instaurer un système d’obligation de soins pour des patients à l’extérieur de l’hôpital. En voici les risques.
L’accès aux soins, un but en apparence souhaitable. Qui ne souscrirait à un projet de loi qui inscrit comme priorité l’accès aux soins pour tous ? Derrière cette expression se cache pourtant une toute autre réalité, beaucoup plus sombre. La vraie question que pose ce projet de loi devrait être « qui souhaite avoir la visite d’un psychiatre à son domicile ? ». Car il s’agit bien là du problème. Demain, si cette loi est votée, un citoyen pourra être contraint à suivre un traitement psychiatrique à son domicile. Concrètement, cela signifie que des infirmiers psychiatriques lui rendront visite pour lui administrer sa piqûre de neuroleptique retard. S’il refuse, il sera immédiatement interné dans un hôpital psychiatrique, enfermé à double tour et drogué, jusqu’à ce qu’il devienne « raisonnable » et qu’il accepte son traitement. Attention, comme dans 1984, le célèbre livre d’Orwell, un citoyen contraint à suivre son traitement n’aura pas les moyens d’échapper à ce que l’on peut qualifier de police psychiatrique. Une police qui aura le pouvoir d’entrer à toute heure chez les citoyens pour s’assurer que le traitement aura été absorbé. Cette description est bien entendu cauchemardesque. Nous ne sommes pas en train de dire que ce sera ainsi dès le vote de la loi. Nous pouvons par contre dire sans l’ombre d’un doute que la future loi permettra de telles pratiques. On met l’accent sur « l’accès aux soins pour tous », mais il faudrait ajouter qu’il s’agit de « l’accès aux soins pour tous sous la contrainte ».
Pourquoi serait-on obligé d’utiliser la contrainte en psychiatrie si les soins étaient réellement des soins ? Voilà une question bien embarrassante qui remet en cause l’action même de la psychiatrie. De quoi parle-t-on quand on parle de soins psychiatriques ? On parle essentiellement de la camisole chimique. Le terme camisole chimique n’est pas un terme péjoratif pour les psychiatres. Quand dans les années 50 sont apparus les premiers neuroleptiques, les psychiatres étaient fiers de les présenter, notamment la thorazine, comme des substituts de la lobotomie. Les neuroleptiques constituent aujourd’hui encore la classe de drogues psychiatriques la plus couramment prescrite aux patients psychiatriques et le terme camisole chimique s’est imposé dans le langage courant. Ce sont ces produits qui seront prescrits aux patients forcés en « ambulatoire », le terme signifiant qu’ils seront en dehors de l’hôpital. Ils ne seront pas libres pour autant.
Ainsi, en galvaudant l’expression « accès aux soins pour tous » et en ignorant la définition même du mot soin, le gouvernement met en place un outil de contrôle psychiatrique des populations. Il crée un précédent en étant le premier gouvernement d’un pays démocratique à mettre en place un système d’internement psychiatrique à domicile sans qu’à aucun moment un juge ne soit consulté. Car en effet, toute privation de liberté, et l’internement en est une, que ce soit à l’hôpital ou à domicile, devrait relever uniquement du pouvoir judiciaire. En France, ce n’est pas le cas. C’est le psychiatre, désormais l’homme le plus puissant de France, qui sera le seul juge pour décider du placement sous contrainte d’un individu. Ce psychiatre sera-t-il contrôlé ? Non, le système de contrôle est faible et défaillant. La Commission des citoyens pour les droits de l’homme a réalisé une enquête sur les contrôles censés être effectués en psychiatrie. Le constat est édifiant. Seulement 3% des hôpitaux psychiatriques ont reçu les visites de contrôle prévues par la loi (Procureur, Préfet et Président du Tribunal de Grande Instance). Un véritable scandale dénoncé depuis des années par les associations de patients et par la Commission des citoyens pour les droits de l’homme, sans jamais que rien n’ait été entrepris pour y remédier. Naïveté ou volonté politique, il est un fait que la nouvelle loi va renforcer considérablement les pouvoirs des psychiatres sans leur imposer les contrôles adéquats. Le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument. C’est oublier cette vieille maxime politique que de confier de tels pouvoirs à une seule catégorie de personnel public, en espérant qu’ils se « tiendront bien ». C’est en réalité inacceptable pour un vieux pays démocratique comme la France de voir les libertés reposer sur la bonne volonté d’une catégorie de médecins qui a à son passif historique la mort de 40 000 malades mentaux pendant la guerre, la pratique des lobotomies, des électrochocs et de la camisole chimique systématique, et je ne parle que des psychiatres français. Dans d’autres pays, on peut ajouter à cette liste la collaboration avec tous les régimes totalitaires.
Et ces gens là risquent de pouvoir sonner à votre porte pour vous demander si vous avez pris votre pilule. Big Brother is watching you.
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Bientôt une loi qui enterrera la justice pour laisser la place à une société psychiatrique
21.8.2010 par admin.
Cet automne, l’Assemblée Nationale risque de voter un texte qui enterrera peut-être à jamais une certaine conception de la justice et certains de nos grands principes constitutionnels. De quoi s’agit-il ? Madame Bachelot, ministre de la santé, a fait adopter en conseil des ministres et a déposé à l’Assemblée un projet de loi relatif aux procédures d’hospitalisations sous contrainte en psychiatrie. Un texte a priori technique, mais en réalité une véritable mise en cause de nos droits fondamentaux.
Imaginons une société où une seule personne, qui n’est pas un juge, peut décider de vous arrêter et de vous priver de liberté. Nul besoin de réfléchir beaucoup pour voir qu’il s’agirait d’une société non démocratique ou même totalitaire. Aussi brutal que cela puisse paraître, la France est en train de prendre ce chemin si la future loi est votée. La personne pouvant décider de vous arrêter et de vous enfermer sera le psychiatre. Il devra simplement affirmer que votre état mental nécessite absolument des soins. L’article 3212-1 du code de la santé publique prévoit explicitement qu’un médecin extérieur à l’hôpital pourra demander et obtenir l’internement d’une personne qui nécessite d’après lui des soins immédiats. Et c’est tout ce qui est nécessaire pour enfermer quelqu’un dans le nouveau système. Ceci est contraire à notre constitution d’après laquelle seul un juge peut décider de priver une personne de sa liberté. Mais cela est même en opposition avec toutes les procédures d’internement.
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Le retour des boucs émissaires
13.8.2010 par admin.
Roms, immigrés, musulmans ou même malades mentaux, on n’en finit pas de jeter en pâture des catégories de population à une majorité inquiète, apeurée et dont on redoute sans doute la révolte. Le procédé est vieux comme le monde mais il prend actuellement dans notre pays une ampleur qu’on ne lui avait pas connue depuis longtemps.
La frustration de ne pas réussir à faire baisser définitivement la criminalité développe une agressivité vers tout ce qui peut apparaître comme étant une source de criminalité. Comme les délinquants ne sont pas toujours identifiables, et comme ils ont parfois la fâcheuse tendance à être plus armés que le commun des citoyens, ou à circuler en bande, s’en prendre à eux n’est pas facile voire impossible. L’agressivité se reporte donc sur un groupe dans son ensemble, désigné comme devant endosser un comportement social que la société souhaite évacuer. C’est là une application de la théorie du bouc émissaire, basée sur la théorie de la frustration/agression.
Que se passe-t-il alors pour le bouc émissaire ? Il est exclu du groupe, parfois puni ou condamné, sacrifié même. Cet été, les roms seront expulsés. Les musulmans ne peuvent plus s’habiller selon leurs désirs, mêmes extrêmes. Les immigrés risquent l’exclusion, ou de perdre leur nationalité quand elle a été fraîchement acquise. Les malades mentaux auront bientôt une nouvelle loi, cet automne, pour faciliter leur internement ou leur mise sous camisole chimique.
Bien sûr, il existe des arguments pour justifier que ces catégories nécessitent une attention particulière. Mais attention particulière ne signifie pas exclusion, expulsion, punition et régime spécial d’enfermement. De plus, l’accumulation récente de telles mesures ne peut être le fruit du seul hasard. Il faut une volonté bien affirmée pour prendre en si peu de temps une telle quantité de mesures vexatoires. C’est une volonté politique.
On pourrait trouver d’autres boucs émissaires dans notre société. Les nouveaux mouvements religieux sont constamment et très officiellement désignés comme des sortes d’ennemis publics. Il existe bien une mission supposée lutter contre leurs dérives, la MIVILUDES, mais qui s’en prend à leur existence même. Exclusion sociale, grandes déclarations médiatiques orientant adroitement le mécontentement général vers des cibles minoritaires, tout est en place dans ce domaine aussi pour créer des boucs émissaires auxquels attribuer tous les maux de notre époque.
Jusqu’où cette politique du bouc émissaire peut-elle aller ? Nul ne le sait vraiment. Nos institutions restent protectrices contre un certain nombre de dérives. Mais on a aussi vu des démocraties basculer dans la haine et la violence contre des boucs émissaires. C’est en fait l’état général de la population qui déterminera l’avenir. Peut-on craindre une réaction d’hystérie collective qui dresserait la population contre certaines minorités désignées, ou bien le bon sens et le calme général vont-ils s’imposer ? Nul ne le sait. Ce que l’on peut dire, c’est d’une part qu’il est dangereux de jouer avec le feu, et d’autre part qu’il est plus que temps d’investir dans l’éducation, plus particulièrement dans ce que l’on nomme les humanités, seul moyen d’assurer une vraie stabilité et un développement de notre société.
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Le projet de loi et les principales conséquences sur notre vie
10.8.2010 par admin.
- On pourra être forcé à suivre un traitement psychiatrique à domicile
Les totalitaires en ont rêvé, Madame Bachelot va le faire : une personne après être passée 3 jours en hôpital pourra ressortir avec un traitement obligatoire, c’est à dire une camisole chimique permanente qui la rendra docile. On imagine le psychiatre, ou un infirmier balaise, débarquant chez vous pour vous faire votre piqûre de neuroleptique retard, une drogue qui restera active dans votre corps pendant plusieurs semaines.
- N’importe quel psychiatre pourra décider que vous êtes fou et vous faire enfermer, sans plus de complications que cela
Cela paraît fou. C’est effectivement une affaire de dingues. Avant, il fallait pour être enfermé que quelqu’un le demande et que 2 médecins soient d’accord, ou alors il fallait constituer un danger pour soi même ou autrui. Ça, c’est le passé. Un psychiatre qui vous croise demain dans la rue et qui trouve qu’un bon traitement psychiatrique vous ferait le plus grand bien peut demander que vous soyez enfermé. « Cela ne se passera pas, ces gens sont de vrais professionnels ». N’empêche que cela devient possible. Tous aux abris !
- Vous pourrez être enfermé et ne pas être averti de vos droits
Une nouveauté encore. Vous avez des droits quand vous êtes interné. Mais, si le psychiatre estime que vous n’êtes pas capables de bien les comprendre, on n’aura pas besoin de vous dire lesquels. Ce serait vraiment embêtant que les patients se mettent à exercer leurs droits, quelles complications inutiles !
- Bonne nouvelle : vous pouvez toujours faire interner votre belle-mère. Mais si vous voulez la récupérer pour l’été, ce ne sera peut-être pas possible.
Les familles vont perdre le contrôle sur les sorties de psychiatrie. Le directeur de l’hôpital, sur avis d’un psychiatre, pourra refuser la sortie d’un patient même quand elle est demandée par la même personne ayant demandé son hospitalisation. Il faudra s’y habituer, le psychiatre est tout puissant.
« Et les contrôles ? » me direz-vous. Bonne question. Ils ne sont pas renforcés alors que les pouvoirs des psychiatres augmentent considérablement. De toute façon, pour s’en sortir, il va falloir prouver que vous n’êtes pas fou dans le présent, ce qui est très difficile, que vous n’étiez pas fou dans le passé, très discutable, et que vous ne serez pas fou dans le futur, ce qui est impossible.
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La résignation
6.8.2010 par admin.
Ce qui me dérange le plus avec la psychiatrie, ce n’est pas forcément les nombreux abus qui la caractérisent. Les internements abusifs encore nombreux, les électrochocs, toutes ces techniques d’un autre âge m’inspirent certes le mépris et le dégoût. Les temps de la psychiatrie telle que nous la connaissons sont comptés. Elle bénéficie encore du soutien de l’establishment. Elle dispose encore du pouvoir de faire subir à ceux qui l’attaquent les tirs médiatiques ou même policiers. Les connexions existent entre le pouvoir et les psychiatres. Cela ne changera pourtant rien au fait que cette idéologie et cette pratique du 19e siècle sont appelés à disparaître. La société ne tolèrera pas indéfiniment l’arrogance et l’absence de résultats de ces praticiens d’un autre âge.
Non, ce qui m’agace le plus avec la psychiatrie, c’est de voir la résignation de bon nombre de mes concitoyens face à cet échec patent. Résignation est un mot à mon avis détestable pour ce qu’il exprime, mais c’est un mot qui s’applique en la matière. On sait que la psychiatrie ne guérit pas, on sait que la camisole chimique n’est qu’une méthode d’abrutissement et non de soins, on sait que les traitements psychiatriques engendrent la violence et que de nombreux criminels sont passés dans les mains de psychiatres dont la responsabilité dans les crimes commis est certaine.
Et pourtant, que fait-on ? On se résigne, on laisse faire. Pire, un nouveau projet de loi va donner encore plus de pouvoirs à la psychiatrie. On espère limiter les crimes, on ne sait comment faire, alors le gouvernement se résigne à donner plus de pouvoirs à des psychiatres qui vont enfermer, droguer, puis relâcher des criminels dans la société. Et la société dans son ensemble laisse faire.
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Projet de réforme de la loi sur les hospitalisations psychiatriques
25.6.2010 par admin.
Madame Bachelot a présenté récemment un projet de loi de réforme de la loi de 1990 sur la protection des patients hospitalisés sous contrainte en psychiatrie. Disons le tout net, ce projet de loi est de nature hygiéniste, il est dangereux pour tout citoyen et pas seulement pour ceux qui souffrent d’un trouble mental. Certains diront que j’exagère (un député de la majorité m’a littéralement viré de son bureau quand je lui ai présenté mes objections). J’aimerais que ce soit vrai et que l’on me prouve que cette future loi va dans le sens du progrès. Mais pour l’instant, l’on n’y arrive pas.
L’intention de la loi, c’est de faciliter l’accès aux soins. Le fait que les soins en psychiatrie consistent essentiellement à placer les individus sous camisole chimique, le fait que personne ne sort jamais guéri de psychiatrie et que dans bien des cas, soins en psychiatrie égale destruction de l’individu, tout cela est superbement ignoré. Ce projet de loi est un projet de psychiatrisation du plus grand nombre. Je vous laisse découvrir ci-dessous les principales régressions que ce projet implique. Sachez qu’il est déjà passé en conseil des ministres et qu’il sera à l’Assemblée à la rentrée.
Il faut se mobiliser. C’est ce que fait déjà la Commission des citoyens pour les droits de l’homme. D’autres associations en font de même, comme le Groupe information asiles. La gauche commence à se mobiliser, avec la LDH, les verts et les communistes. Il est certain que des personnalités de droite vont également réagir, le sujet n’étant pas politique au sens gauche droite (mais uniquement politique au sens gestion des citoyens).
N’hésitez pas à me contacter pour plus d’informations, et suivez ce qui se passe, c’est important.
Projet de réforme de la loi sur
les hospitalisations psychiatriques :
VERS UNE PSYCHIATRISATION INCONTROLEE
DE LA POPULATION
Position de la Commission des citoyens pour les droits de l’homme sur le projet de loi n°2494 intitulé « Droits et protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et modalités de leur prise en charge. » (Assemblée Nationale, 5 mai 2010. Documents législatifs.)
La CCDH qui dénonce depuis 1974 en France les abus psychiatriques s’oppose radicalement au projet de réforme que la Ministre de la santé a rendu public au début de ce mois, en vue d’une inscription à l’ordre du jour du Parlement à la rentrée 2010. Ce projet de réforme va à l’encontre des droits fondamentaux des personnes prises en charge de gré ou de force en psychiatrie. Il met aussi en danger n’importe quel citoyen, tant il donne de pouvoirs au système psychiatrique et tant il pourrait permettre à un éventuel gouvernement malveillant de se servir de la psychiatrie comme outil de contrôle politique et social.
Aspects du projet de loi les plus choquants :
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Ce projet instaure une garde à vue sanitaire de 72 heures préalable à l’instauration d’un internement ou d’une mise sous contrainte aux soins en ambulatoire, dans le cadre de laquelle une contrainte aux soins psychiatriques pourra être exercée.
Cette mesure préalable d’observation est en soi une violation des droits de l’homme dans la mesure où aucun contrôle n’est exercé sur la procédure conduisant à cette « garde à vue ». Par ailleurs, cette période devrait être indemne de toute possibilité de mise sous contrainte aux soins, sauf quelques situations extrêmes, afin précisément d’ouvrir les possibilités de négociation et de dialogue avec les patients sur leur mise sous contrainte à venir, ou sur la libération à intervenir, si le maintien n’est pas justifié. Or, ce n’est pas le cas et les patients seront traités sous contrainte pendant 3 jours, ce qui est suffisant, avec la chimie moderne, pour altérer le fonctionnement mental d’un individu pour le reste de sa vie.
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Cette loi instaure la possibilité de mise sous contrainte aux soins psychiatriques en ambulatoire (hors de l’hôpital)
Cette contrainte aux soins, c’est-à-dire en pratique la mise sous camisole chimique, va être légalisée et pourra s’exécuter hors les murs des hôpitaux, en ville, comme à domicile. Elle pourra s’étaler sur des années entières, voire à vie, selon le gré de soignants et d’administratifs tout puissants. Ces soignants n’auront plus aucune obligation de rechercher par la négociation et donc la discussion, un quelconque consentement aux soins de leurs patients. La solution de facilité sera évidemment pour les personnels soignants des structures psychiatriques de maintenir les gens sous contrainte aux soins au motif qu’ils refusent les soins, ou que leur consentement n’est pas probant et que ces personnes arrêteront leurs traitements dès que la contrainte sera levée … Les gens pourront donc croupir sous contrainte aux soins psychiatriques des années entières sans plus aucun soin digne de ce nom. Perspective dégradante et régressive contre laquelle nous nous élevons.
Bien pire, des centaines de milliers de personnes dont le corps soignant comme leur environnement estiment actuellement qu’elles ont besoin de soins, y compris sous contrainte, vont être progressivement mis sous dispositif légal de contrainte aux soins. En quelques années d’exercice de ce nouveau cadre légal, nous passerons évidemment d’une cinquantaine de milliers de personnes actuellement sous contrainte psychiatrique légale, à cent mille, voire deux cent mille personnes sous contrainte aux soins psychiatriques, et éventuellement bien plus ! Un authentique cauchemar se dessine donc à l’avenir, au plan thérapeutique et sur le plan des droits fondamentaux des personnes aux prises avec un pareil système. Il sera très difficile de sortir du système psychiatrique une fois qu’on y aura pénétré. Une personne qui actuellement fait un passage rapide en psychiatrie et en ressort pour parfois ne plus jamais y revenir, sera dans le futur immédiatement coincé dans un système qui risque de ne pas lâcher la personne, et tout cela sur la base de diagnostics psychiatriques extrêmement aléatoires.
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Le contrôle judiciaire a posteriori, seulement ouvert en cas de saisine, effectué en cours d’exécution de mesures de contrainte par les Juges de la liberté et de la détention, est réduit par ce projet de loi.
Il est notamment réduit dans les nombreux cas où un collège de 3 soignants de l’hôpital devra obligatoirement être associé comme collège expert, en vue d’une quelconque décision de main levée de contrainte. Le pouvoir de décision des Juges de la liberté et de la détention sera réduit d’autant. Ces cas de figure qui pourront nécessiter jusqu’à 6 avis d’experts concordants (3 avis du collège + celui du psychiatre traitant + celui de deux psychiatres experts désignés par le Préfet ou le Juge si saisine du Juge), et au minimum 4 (le total précédent – les deux psychiatres experts), concernent les H.O médico légales, les H.O dans le cadre desquelles les personnes ont eu de simples antécédents (pouvant être anciens) de transferts en Unités pour Malades Difficiles (UMD), ou d’internements passés de nature médicolégales ou judiciaires. Il sera donc, de fait, interdit à ces personnes de faire une quelconque amende honorable ou une quelconque réhabilitation. Il y a également le cas de personnes mises sous contrainte pour péril imminent sans qu’on ait pu trouver de tiers apte légalement à être tiers demandeur à la contrainte. L’avis collégial sera également requis dans ce cas. Là encore, la psychiatrie admet qu’elle ne soigne pas et qu’elle préfère garder sous contrôle les individus. Cette mesure est une mesure sécuritaire pour éviter que des malades mentaux sortent et commettent des actes de violence. C’est une fausse solution à un vrai problème. La plupart des tueurs sortant de psychiatrie sont encore sous traitements quand ils tuent. Les traitements eux-mêmes suscitent la violence. Miser sur la psychiatrie pour résoudre la criminalité, c’est miser sur l’incompétence et c’est jouer à la roulette russe.
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L’accès à l’information des patients psychiatriques sous contrainte sur leur situation juridique et sur leurs droits, dont leurs possibilités de recours, qui auparavant était d’exercice entier, va être soumis à un avis médical préalable.
L’accès à l’information va dépendre du bon vouloir du psychiatre hospitalier et de son équipe, estimant si l’état de santé du patient lui permet ou non de recevoir l’information légale, qui devrait pourtant être délivrée de façon obligatoire et systématique. Étant entendu que si le psychiatre juge que son patient est médicalement inapte à recevoir cette information, ce patient ne la recevra pas. Cela alors même que l’information d’un détenu ou d’une personne contrainte aux soins - la contrainte aux soins étant assimilable à une contrainte par corps, et donc astreinte aux mêmes obligations de droit que celles valables pour les détenus - n’est pas une question de nature médicale, mais de nature juridique … Mais comme il s’agit de faciliter l’accès aux « soins », on met à terre allègrement, toute obligation d’information juridique incluant donc aussi les voies de recours, pour les internés et contraints aux soins …
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Les familles voient leur pouvoir d’intervention dans la contrainte psychiatrique réduit.
En cas de désaccord de la part des familles des personnes contraintes, avec les « soins » et/ou l’enfermement, si le psychiatre hospitalier s’oppose à une demande de main levée de contrainte par tiers formulée par la famille, le psychiatre ne sera plus obligé (comme il l’est actuellement) de demander à la Préfecture une transformation de l’HDT en mesure préfectorale d’office. Son avis négatif à la demande de sortie ou de main levée familiales s’imposera à la famille en désaccord. Les familles vont perdre le contrôle du suivi psychiatrique de leurs proches et le psychiatre aura tous pouvoirs.
Conclusion:
Cette loi a pour objectif de faciliter l’accès aux soins. Elle est fondée sur la fausse idée que la psychiatrie soigne, ce qui est une erreur. La psychiatrie « traite », « gère » des comportements qui ne sont pas acceptés dans la société, mais elle ne soigne pas. Les psychiatres sont les premiers à le reconnaître quand on leur demande. L’accès aux soins pour tous, c’est fondamentalement un mensonge. Cela revient en réalité à neutraliser les individus gênants dans la société. Certains de ces individus sont réellement gênants et méritent une prise en charge, mais cette loi risque de précipiter en psychiatrie et de chroniciser des personnes qui pourraient simplement reprendre leur place dans la société après un passage difficile. Plus grave peut-être, cette loi pourrait servir un état totalitaire en lui permettant d’envoyer des citoyens en psychiatrie avec une facilité certaine. C’est en cela une loi dangereuse qu’il est nécessaire de modifier en profondeur.
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L’hôpital psychiatrique de Caen condamné après le suicide d’un patient
6.4.2010 par admin.
Ouest France, janvier 2010
L’hôpital psychiatrique de Caen devra indemniser la famille d’un schizophrène qui s’était suicidé alors qu’il était théoriquement sous la surveillance de l’hôpital. La famille du défunt a saisi le tribunal administratif qui a rendu récemment son jugement. « L’hôpital devait prendre toute mesure pour retrouver le patient qui était sous sa garde et s’était enfui. L’établissement n’a pas entrepris toutes les démarches utiles. »
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Les médicaments antipsychotiques doublent le risque de décès de cause cardiaque
1.4.2010 par admin.
Pychomédia, janvier 2010
Selon une étude du New England Journal of Medicine, la prise de médicaments antipsychotiques de nouvelle génération (tels que Zyprexa, Risperdal) double les risques de mort soudaine pour cause cardiaque. On pensait que ces produits avaient moins d’effets secondaires que les anciens antipsychotiques (Haldol…) mais en réalité ils causent autant de risques de problèmes cardiaques. Ces médicaments sont pourtant abondamment donnés dans les hôpitaux psychiatriques mais aussi pour les patients souffrant de la maladie d’Alzheimer et les enfants autistes et hyperactifs.
Les laboratoires et les psychiatres ont pourtant longtemps prétendu que ces médicaments avaient moins d’effets secondaires. Un mensonge de plus et un mensonge qui rapporte gros, ces médicaments étant beaucoup plus chers que les anciens antipsychotiques.
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Plus de 2% des jeunes Français sous psychotropes
27.3.2010 par admin.
Le Point.fr janvier 2010
Une étude récente publiée dans BMC psychiatry conclut que plus de 2% des enfants et adolescents français sont sous traitement psychotrope. On savait que les adultes français étaient champion en matière de consommation. On réalise désormais que leurs enfants sont également dans le peloton de tête en matière de consommation de psychotropes. Alors que l’on avait tendance à considérer que donner des pilules de l’obéissance était une « folie » des américains, il va falloir changer de point de vue et prendre conscience que la France est loin d’être épargnée.
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56 000 DVDs sur les dangers des drogues psychiatriques
25.3.2010 par admin.
La CCDH envoie 56 000 DVDs à tous les médecins généralistes français pour les informer sur les dangers des drogues psychiatriques
Fin 2009, la CCDH a fait parvenir le DVD « Profits macabres » à tous les médecins généralistes français. Ce DVD expose les dangers des psychotropes largement prescrits dans notre pays et démontre que les laboratoires pharmaceutiques ne disent pas toute la vérité sur les effets secondaires de ces médicaments. De même, ce DVD dénonce le système de promotion à la fois des maladies et des traitements, système basé sur la collusion entre certains psychiatres et les entreprises pharmaceutiques.
C’est la première fois que les médecins généralistes recevaient une information totalement indépendante des labos sur un tel sujet. Les réactions à cet envoi ont été nombreuses et généralement très positives. Des médecins ont remercié la CCDH pour leur avoir permis de mieux comprendre un système dont ils sont effets.
La CCDH prépare actuellement un nouveau film plus spécifiquement consacré à la situation de la psychiatrie en France. Ce film qui va sortir en mars 2010 devrait être lui-aussi largement distribué à l’ensemble des médecins généralistes français.
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