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Quand la psychiatrie menace votre foyer

Posté par admin le 14.12.2010 @ 20:16 Dans Réactions, Actualités | Aucun commentaire

Un nouveau projet de loi sur l’internement psychiatrique prévoit d’instaurer un système d’obligation de soins pour des patients à l’extérieur de l’hôpital. En voici les risques.

L’accès aux soins, un but en apparence souhaitable. Qui ne souscrirait à un projet de loi qui inscrit comme priorité l’accès aux soins pour tous ? Derrière cette expression se cache pourtant une toute autre réalité, beaucoup plus sombre. La vraie question que pose ce projet de loi devrait être « qui souhaite avoir la visite d’un psychiatre à son domicile ? ». Car il s’agit bien là du problème. Demain, si cette loi est votée, un citoyen pourra être contraint à suivre un traitement psychiatrique à son domicile. Concrètement, cela signifie que des infirmiers psychiatriques lui rendront visite pour lui administrer sa piqûre de neuroleptique retard. S’il refuse, il sera immédiatement interné dans un hôpital psychiatrique, enfermé à double tour et drogué, jusqu’à ce qu’il devienne « raisonnable » et qu’il accepte son traitement. Attention, comme dans 1984, le célèbre livre d’Orwell, un citoyen contraint à suivre son traitement n’aura pas les moyens d’échapper à ce que l’on peut qualifier de police psychiatrique. Une police qui aura le pouvoir d’entrer à toute heure chez les citoyens pour s’assurer que le traitement aura été absorbé. Cette description est bien entendu cauchemardesque. Nous ne sommes pas en train de dire que ce sera ainsi dès le vote de la loi. Nous pouvons par contre dire sans l’ombre d’un doute que la future loi permettra de telles pratiques. On met l’accent sur « l’accès aux soins pour tous », mais il faudrait ajouter qu’il s’agit de « l’accès aux soins pour tous sous la contrainte ».

Pourquoi serait-on obligé d’utiliser la contrainte en psychiatrie si les soins étaient réellement des soins ? Voilà une question bien embarrassante qui remet en cause l’action même de la psychiatrie. De quoi parle-t-on quand on parle de soins psychiatriques ? On parle essentiellement de la camisole chimique. Le terme camisole chimique n’est pas un terme péjoratif pour les psychiatres. Quand dans les années 50 sont apparus les premiers neuroleptiques, les psychiatres étaient fiers de les présenter, notamment la thorazine, comme des substituts de la lobotomie. Les neuroleptiques constituent aujourd’hui encore la classe de drogues psychiatriques la plus couramment prescrite aux patients psychiatriques et le terme camisole chimique s’est imposé dans le langage courant. Ce sont ces produits qui seront prescrits aux patients forcés en « ambulatoire », le terme signifiant qu’ils seront en dehors de l’hôpital. Ils ne seront pas libres pour autant.

Ainsi, en galvaudant l’expression « accès aux soins pour tous » et en ignorant la définition même du mot soin, le gouvernement met en place un outil de contrôle psychiatrique des populations. Il crée un précédent en étant le premier gouvernement d’un pays démocratique à mettre en place un système d’internement psychiatrique à domicile sans qu’à aucun moment un juge ne soit consulté. Car en effet, toute privation de liberté, et l’internement en est une, que ce soit à l’hôpital ou à domicile, devrait relever uniquement du pouvoir judiciaire. En France, ce n’est pas le cas. C’est le psychiatre, désormais l’homme le plus puissant de France, qui sera le seul juge pour décider du placement sous contrainte d’un individu. Ce psychiatre sera-t-il contrôlé ? Non, le système de contrôle est faible et défaillant. La Commission des citoyens pour les droits de l’homme a réalisé une enquête sur les contrôles censés être effectués en psychiatrie. Le constat est édifiant. Seulement 3% des hôpitaux psychiatriques ont reçu les visites de contrôle prévues par la loi (Procureur, Préfet et Président du Tribunal de Grande Instance). Un véritable scandale dénoncé depuis des années par les associations de patients et par la Commission des citoyens pour les droits de l’homme, sans jamais que rien n’ait été entrepris pour y remédier. Naïveté ou volonté politique, il est un fait que la nouvelle loi va renforcer considérablement les pouvoirs des psychiatres sans leur imposer les contrôles adéquats. Le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument. C’est oublier cette vieille maxime politique que de confier de tels pouvoirs à une seule catégorie de personnel public, en espérant qu’ils se « tiendront bien ». C’est en réalité inacceptable pour un vieux pays démocratique comme la France de voir les libertés reposer sur la bonne volonté d’une catégorie de médecins qui a à son passif historique la mort de 40 000 malades mentaux pendant la guerre, la pratique des lobotomies, des électrochocs et de la camisole chimique systématique, et je ne parle que des psychiatres français. Dans d’autres pays, on peut ajouter à cette liste la collaboration avec tous les régimes totalitaires.

Et ces gens là risquent de pouvoir sonner à votre porte pour vous demander si vous avez pris votre pilule. Big Brother is watching you.


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