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- 25.12.2010: Le cartel des drogues psychiatriques à l'origine de la future loi sur la contrainte aux soins ?
- 22.12.2010: Bientôt une loi qui enterrera la justice et laissera la place à une société psychiatrique
- 20.12.2010: Violences extrêmes : un antidépresseur impliqué dans une tuerie familiale
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Archive pour août 2010
Bientôt une loi qui enterrera la justice pour laisser la place à une société psychiatrique
21.8.2010 par admin.
Cet automne, l’Assemblée Nationale risque de voter un texte qui enterrera peut-être à jamais une certaine conception de la justice et certains de nos grands principes constitutionnels. De quoi s’agit-il ? Madame Bachelot, ministre de la santé, a fait adopter en conseil des ministres et a déposé à l’Assemblée un projet de loi relatif aux procédures d’hospitalisations sous contrainte en psychiatrie. Un texte a priori technique, mais en réalité une véritable mise en cause de nos droits fondamentaux.
Imaginons une société où une seule personne, qui n’est pas un juge, peut décider de vous arrêter et de vous priver de liberté. Nul besoin de réfléchir beaucoup pour voir qu’il s’agirait d’une société non démocratique ou même totalitaire. Aussi brutal que cela puisse paraître, la France est en train de prendre ce chemin si la future loi est votée. La personne pouvant décider de vous arrêter et de vous enfermer sera le psychiatre. Il devra simplement affirmer que votre état mental nécessite absolument des soins. L’article 3212-1 du code de la santé publique prévoit explicitement qu’un médecin extérieur à l’hôpital pourra demander et obtenir l’internement d’une personne qui nécessite d’après lui des soins immédiats. Et c’est tout ce qui est nécessaire pour enfermer quelqu’un dans le nouveau système. Ceci est contraire à notre constitution d’après laquelle seul un juge peut décider de priver une personne de sa liberté. Mais cela est même en opposition avec toutes les procédures d’internement.
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Le retour des boucs émissaires
13.8.2010 par admin.
Roms, immigrés, musulmans ou même malades mentaux, on n’en finit pas de jeter en pâture des catégories de population à une majorité inquiète, apeurée et dont on redoute sans doute la révolte. Le procédé est vieux comme le monde mais il prend actuellement dans notre pays une ampleur qu’on ne lui avait pas connue depuis longtemps.
La frustration de ne pas réussir à faire baisser définitivement la criminalité développe une agressivité vers tout ce qui peut apparaître comme étant une source de criminalité. Comme les délinquants ne sont pas toujours identifiables, et comme ils ont parfois la fâcheuse tendance à être plus armés que le commun des citoyens, ou à circuler en bande, s’en prendre à eux n’est pas facile voire impossible. L’agressivité se reporte donc sur un groupe dans son ensemble, désigné comme devant endosser un comportement social que la société souhaite évacuer. C’est là une application de la théorie du bouc émissaire, basée sur la théorie de la frustration/agression.
Que se passe-t-il alors pour le bouc émissaire ? Il est exclu du groupe, parfois puni ou condamné, sacrifié même. Cet été, les roms seront expulsés. Les musulmans ne peuvent plus s’habiller selon leurs désirs, mêmes extrêmes. Les immigrés risquent l’exclusion, ou de perdre leur nationalité quand elle a été fraîchement acquise. Les malades mentaux auront bientôt une nouvelle loi, cet automne, pour faciliter leur internement ou leur mise sous camisole chimique.
Bien sûr, il existe des arguments pour justifier que ces catégories nécessitent une attention particulière. Mais attention particulière ne signifie pas exclusion, expulsion, punition et régime spécial d’enfermement. De plus, l’accumulation récente de telles mesures ne peut être le fruit du seul hasard. Il faut une volonté bien affirmée pour prendre en si peu de temps une telle quantité de mesures vexatoires. C’est une volonté politique.
On pourrait trouver d’autres boucs émissaires dans notre société. Les nouveaux mouvements religieux sont constamment et très officiellement désignés comme des sortes d’ennemis publics. Il existe bien une mission supposée lutter contre leurs dérives, la MIVILUDES, mais qui s’en prend à leur existence même. Exclusion sociale, grandes déclarations médiatiques orientant adroitement le mécontentement général vers des cibles minoritaires, tout est en place dans ce domaine aussi pour créer des boucs émissaires auxquels attribuer tous les maux de notre époque.
Jusqu’où cette politique du bouc émissaire peut-elle aller ? Nul ne le sait vraiment. Nos institutions restent protectrices contre un certain nombre de dérives. Mais on a aussi vu des démocraties basculer dans la haine et la violence contre des boucs émissaires. C’est en fait l’état général de la population qui déterminera l’avenir. Peut-on craindre une réaction d’hystérie collective qui dresserait la population contre certaines minorités désignées, ou bien le bon sens et le calme général vont-ils s’imposer ? Nul ne le sait. Ce que l’on peut dire, c’est d’une part qu’il est dangereux de jouer avec le feu, et d’autre part qu’il est plus que temps d’investir dans l’éducation, plus particulièrement dans ce que l’on nomme les humanités, seul moyen d’assurer une vraie stabilité et un développement de notre société.
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Le projet de loi et les principales conséquences sur notre vie
10.8.2010 par admin.
- On pourra être forcé à suivre un traitement psychiatrique à domicile
Les totalitaires en ont rêvé, Madame Bachelot va le faire : une personne après être passée 3 jours en hôpital pourra ressortir avec un traitement obligatoire, c’est à dire une camisole chimique permanente qui la rendra docile. On imagine le psychiatre, ou un infirmier balaise, débarquant chez vous pour vous faire votre piqûre de neuroleptique retard, une drogue qui restera active dans votre corps pendant plusieurs semaines.
- N’importe quel psychiatre pourra décider que vous êtes fou et vous faire enfermer, sans plus de complications que cela
Cela paraît fou. C’est effectivement une affaire de dingues. Avant, il fallait pour être enfermé que quelqu’un le demande et que 2 médecins soient d’accord, ou alors il fallait constituer un danger pour soi même ou autrui. Ça, c’est le passé. Un psychiatre qui vous croise demain dans la rue et qui trouve qu’un bon traitement psychiatrique vous ferait le plus grand bien peut demander que vous soyez enfermé. « Cela ne se passera pas, ces gens sont de vrais professionnels ». N’empêche que cela devient possible. Tous aux abris !
- Vous pourrez être enfermé et ne pas être averti de vos droits
Une nouveauté encore. Vous avez des droits quand vous êtes interné. Mais, si le psychiatre estime que vous n’êtes pas capables de bien les comprendre, on n’aura pas besoin de vous dire lesquels. Ce serait vraiment embêtant que les patients se mettent à exercer leurs droits, quelles complications inutiles !
- Bonne nouvelle : vous pouvez toujours faire interner votre belle-mère. Mais si vous voulez la récupérer pour l’été, ce ne sera peut-être pas possible.
Les familles vont perdre le contrôle sur les sorties de psychiatrie. Le directeur de l’hôpital, sur avis d’un psychiatre, pourra refuser la sortie d’un patient même quand elle est demandée par la même personne ayant demandé son hospitalisation. Il faudra s’y habituer, le psychiatre est tout puissant.
« Et les contrôles ? » me direz-vous. Bonne question. Ils ne sont pas renforcés alors que les pouvoirs des psychiatres augmentent considérablement. De toute façon, pour s’en sortir, il va falloir prouver que vous n’êtes pas fou dans le présent, ce qui est très difficile, que vous n’étiez pas fou dans le passé, très discutable, et que vous ne serez pas fou dans le futur, ce qui est impossible.
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La résignation
6.8.2010 par admin.
Ce qui me dérange le plus avec la psychiatrie, ce n’est pas forcément les nombreux abus qui la caractérisent. Les internements abusifs encore nombreux, les électrochocs, toutes ces techniques d’un autre âge m’inspirent certes le mépris et le dégoût. Les temps de la psychiatrie telle que nous la connaissons sont comptés. Elle bénéficie encore du soutien de l’establishment. Elle dispose encore du pouvoir de faire subir à ceux qui l’attaquent les tirs médiatiques ou même policiers. Les connexions existent entre le pouvoir et les psychiatres. Cela ne changera pourtant rien au fait que cette idéologie et cette pratique du 19e siècle sont appelés à disparaître. La société ne tolèrera pas indéfiniment l’arrogance et l’absence de résultats de ces praticiens d’un autre âge.
Non, ce qui m’agace le plus avec la psychiatrie, c’est de voir la résignation de bon nombre de mes concitoyens face à cet échec patent. Résignation est un mot à mon avis détestable pour ce qu’il exprime, mais c’est un mot qui s’applique en la matière. On sait que la psychiatrie ne guérit pas, on sait que la camisole chimique n’est qu’une méthode d’abrutissement et non de soins, on sait que les traitements psychiatriques engendrent la violence et que de nombreux criminels sont passés dans les mains de psychiatres dont la responsabilité dans les crimes commis est certaine.
Et pourtant, que fait-on ? On se résigne, on laisse faire. Pire, un nouveau projet de loi va donner encore plus de pouvoirs à la psychiatrie. On espère limiter les crimes, on ne sait comment faire, alors le gouvernement se résigne à donner plus de pouvoirs à des psychiatres qui vont enfermer, droguer, puis relâcher des criminels dans la société. Et la société dans son ensemble laisse faire.
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