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Transsexualisme
Posté par admin le 19.2.2010 @ 23:01 Dans Réactions, Actualités | 1 commentaire
Roselyne Bachelot tourne les diagnostics psychiatriques en ridicule : comment un décret ministériel a supprimé le transsexualisme de la liste des troubles mentaux
Le professeur émérite de psychiatrie Thomas Szasz a pour habitude de dire que la psychiatrie n’est pas de la médecine mais de la politique. Ce qu’il veut dire, c’est que les maladies mentales ne reposent sur aucun critère physiologique ou médical et que seuls des critères politiques d’acceptation ou de rejet social déterminent si un comportement doit être considéré comme une maladie ou pas.
Madame Roselyne Bachelot, Ministre de la santé, vient de donner une illustration éclatante de la véracité de ces propos. C’est par décret public qu’un diagnostic psychiatrique, le désir de changer de sexe, ou transsexualisme n’est plus aujourd’hui considéré comme un trouble mental. Ne cherchez pas les études scientifiques ou les expertises sur cette question : il n’y en a pas. C’est une décision purement politique prise au sein d’un cabinet ministériel. Cette décision rend dérisoire toute prétention scientifique de la psychiatrie. Comment prendre au sérieux une discipline qui se prétend médicale mais dont les évolutions dépendent des décisions d’un ministre de la santé et non de découvertes scientifiques ? C’est uniquement sur la demande insistante et justifiée des associations de transsexuels que cette décision a été prise. Au début des années 70, on se souvient que l’homosexualité avait également été enlevée de la liste des troubles mentaux sur la pression des associations homosexuelles.
Ceci montre l’absurdité des diagnostics psychiatriques en général. Si aucune étude n’existe pour définir si le transsexualisme est un trouble mental ou non, il faut savoir qu’il n’en existe pas plus pour déterminer si la dépression, la schizophrénie ou l’hyperactivité sont également de réelles maladies ou non. C’est tout le système psychiatrique qui est mis à mal. Depuis que le psychiatre Suisse Kraepelin avait commencé à classer les comportements humains en maladie, il y a de cela plus de 100 ans, rien n’a changé en psychiatrie. La bible actuelle de la psychiatrie, le DSM, diagnostic statistical manual, recense l’ensemble des troubles mentaux. Cet ouvrage de référence est réalisé par l’association américaine de psychiatrie. Des panels d’experts sont régulièrement réunis et le fait de savoir si un comportement humain doit être classé comme maladie est tout simplement mis au vote.
C’est ainsi que certains comportements deviennent des maladies. Ainsi la timidité est devenue le trouble d’anxiété sociale (SAD), avec un antidépresseur agréé pour le traiter. La tristesse liée à une séparation ou un départ s’appelle pour les psychiatres le trouble d’angoisse de séparation.
En 2012 devrait sortir la cinquième édition du DSM. On sait déjà que 19 psychiatres sur les 27 constituant le conseil d’approbation des troubles ont des liens financiers avec l’industrie pharmaceutique. À quoi peut-on s’attendre pour 2012 ? De nouveaux troubles devraient faire leur apparition. Ainsi, le trouble de l’acheteur compulsif, le syndrome d’aliénation parentale, le trouble explosif intermittent (colère), le trouble d’alimentation excessive et le trouble relationnel devraient tous faire bientôt partie des maladies mentales à traiter. Chacun de ces soi-disant troubles concerne potentiellement beaucoup plus de personnes et donc de clients potentiels que le transsexualisme.
Un de perdu, dix de retrouvés, telle pourrait être la devise d’une psychiatrie qui si l’on n’y prend garde, pourrait bientôt redéfinir chacun de nos comportements comme une maladie mentale.
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