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Archive pour 17.2.2010
LE PACTE DU DIABLE
17.2.2010 par admin.
Argent, mensonge et psychiatrie: quand la psychiatrie et l’industrie pharmaceutique s’engraissent au détriment de la population
La grippe H1N1 un scandale ? Non, à peine une peccadille, une broutille par rapport au gigantesque système mis en place par l’industrie pharmaceutique et la psychiatrie pour extorquer des milliards d’euros chaque année aux gouvernements et aux assurances sociales. Un système bien rôdé qui sévit depuis des dizaines d’années mais dont on commence seulement à prendre conscience. Quel est ce système qui permet à l’industrie psychiatrique mondiale d’engranger 330 milliards de dollars chaque année ?
Philippe Even, ancien doyen de la faculté de Necker donne une explication sur son mode de fonctionnement : pour vendre un médicament, il faut un relais entre les laboratoires et les utilisateurs. Ce relais est fourni par certains médecins, considérés comme des références par leurs collègues, et qui moyennant de confortables rémunérations, assurent la publicité pour les nouvelles molécules.
Mais ce phénomène déjà critiquable n’est qu’une partie du système mis en place. Il y a plus grave. En effet, avant de promouvoir un médicament, il faut déjà le mettre sur le marché et donc obtenir les autorisations des agences du médicament, comme l’AFSSAPS en France. C’est à ce niveau que la connivence entre psychiatrie et laboratoires pharmaceutiques prend parfois une tournure scandaleuse. Les experts qui travaillent pour les laboratoires et les experts qui doivent décider si un produit pourra être mis en vente sont souvent les mêmes. Aux Etats-Unis, l’organisme en charge de l’autorisation de mise sur le marché est la Food and Drug Administration (FDA): la totalité des experts d’un comité d’évaluation des neuroleptiques, une catégorie de drogues psychiatriques puissantes, étaient tous liés à l’industrie pharmaceutique. Est-ce différent en France ? Le professeur Even n’hésite pas à mettre en cause directement les experts de l’AFSSAPS, l’équivalent français de la FDA. 70% des experts reconnaissent explicitement ou implicitement des liens avec l’industrie pharmaceutique. 5% possèdent des actions dans ces entreprises. Comment dès lors s’étonner que des produits qui se révèlent nocifs passent facilement les tests d’approbation. En plus de la corruption des experts, les études réalisées par les laboratoires avec des psychiatres sont souvent tronquées. Les laboratoires ont plusieurs stratégies leur permettant de fausser les études d’évaluation des médicaments. Une de ces stratégies consiste à tester les médicaments uniquement sur des hommes en pleine forme et en très bonne santé physique. Cette catégorie étant peu sensible aux effets secondaires, les résultats apparaissent positifs alors que les mêmes médicaments une fois prescrits vont avoir des effets négatifs importants sur des enfants, des personnes âgées ou des personnes physiquement affaiblies. Une autre stratégie consiste à occulter des résultats des études les cas de personnes ayant abandonné l’étude à cause des effets secondaires. Ainsi, un rapporteur médical rapporte que lors d’une étude sur un antidépresseur, près de 30% des personnes sur qui portait l’étude avaient abandonné l’étude à cause des effets secondaires ressentis. Au final, les effets secondaires officiellement rapportés ne comprenaient pas ces personnes ayant abandonné, ce qui faussait complètement le résultat. Enfin, il existe un moyen couramment utilisé pour tromper les agences de médicaments. Cette méthode consiste simplement à occulter complètement les études négatives. Le laboratoire américain Eli Lilly a par exemple caché des études montrant la dangerosité de son antidépresseur vedette, le Prozac. Ainsi, le psychiatre David Healy, directeur du département de médecine et de psychologie à l’université de Galles du Nord, a montré que la firme était au courant des risques suicidaires avant que le Prozac ne soit mis sur le marché (1987 aux USA et 1989 en France). En 2002, David Healy affirmait que 25 000 personnes s’étaient suicidées à cause du Prozac. Combien d’autres ont-ils commis l’irréparable depuis, sans compter les nombreux crimes imputés aux effets de ces molécules ?
Ainsi se dessine l’anatomie du pacte du diable entre les psychiatres et les laboratoires pharmaceutiques : mensonge et corruption, du développement à la commercialisation de produits dangereux. Résultat, 76000 morts attribuées aux effets secondaires des psychotropes depuis 10 ans, d’après une étude statistique de la Commission des citoyens pour les droits de l’homme internationale. Oui le diable est bien passé par là…
L’anatomie de ce système est-elle complète. La réponse est non, il semble plutôt que tout cela ne constitue que la partie émergée de l’iceberg. Il existe un autre aspect dans ce pacte du diable, un aspect encore bien plus dangereux et inquiétant pour l’avenir de notre société.
Pour le comprendre, il faut revenir au tout début de l’histoire. A Porto Rico en 1969, les plus éminents psychiatres du monde se réunissent. Au programme, la psychiatrie du futur et en particulier les nouvelles molécules. Ces psychiatres savent que dans les années qui suivront de nouvelles molécules seront disponibles et ces molécules seraient à même d’altérer certains points précis du comportement humain. Le pacte du diable va se sceller autour d’une question assez effroyable : comment va-t-on pouvoir justifier l’emploi de ces molécules sur la population ?
La réponse a été vite trouvée : en transformant certains comportements humains susceptibles d’être chimiquement modifiés en maladie. Depuis le 19e siècle, la psychiatrie avait toujours voulu se faire passer comme une branche de la médecine comme une autre et avait pour cela introduit ce que l’on appelle « le modèle médical », c’est à dire l’hypothèse que les troubles mentaux étaient dus à des dérèglements de la chimie du cerveau. Poussant ce modèle médical, la psychiatrie a diffusé l’idée que l’ensemble des comportements humains pouvaient être traités comme des maladies. Une fois ces comportements considérés comme maladies et une fois les médecins endoctrinés par cette théorie, les nouvelles molécules pouvaient être prescrites en grande quantité. C’est ainsi que l’on a vu se multiplier le nombre de « troubles mentaux ». Ces derniers sont répertoriés depuis 1952 dans le DSM, le Diagnostic and Statistical Manual, un ouvrage publié par l’association américaine de psychiatrie mais véritable bible mondiale de la psychiatrie. En 1952, la première version du DSM recensait 112 troubles. En 1972, une nouvelle édition comptait 145 troubles. Aujourd’hui, nous en sommes à la quatrième édition et à 374 troubles mentaux recensés. Ainsi la timidité est devenue le trouble d’anxiété sociale (SAD), avec un antidépresseur agréé pour le traiter. La tristesse liée à une séparation ou un départ s’appelle pour les psychiatres le trouble d’angoisse de séparation.
Ce n’est qu’un début. En 2012 devrait sortir la cinquième édition du DSM. On sait déjà que 19 psychiatres sur les 27 constituant le conseil d’approbation des troubles ont des liens financiers avec l’industrie pharmaceutique. C’est le pacte du diable dans ce qu’il a de plus visible et aussi de plus dangereux. A quoi peut-on s’attendre pour 2012 ? De nouveaux troubles devraient faire leur apparition. Ainsi, le trouble de l’acheteur compulsif, le syndrome d’aliénation parentale, le trouble explosif intermittent (colère), le trouble d’alimentation excessive et le trouble relationnel devraient tous faire bientôt partie des maladies mentales à traiter. Chacun de ces troubles sera susceptible d’être « traité » (pas guéri) par un psychotrope. Des psychiatres s’emploieront à vulgariser ces diagnostics. Le mode de fonctionnement est écrit, il est bien rôdé. Un psychiatre américain n’a-t-il pas ces dernières années popularisé le terme de trouble bipolaire qui était presque inconnu ? On sait désormais grâce à une enquête du Sénat qu’il avait touché 1,6 millions de dollars de la part d’un grand laboratoire. Le trouble bipolaire qui était considéré comme très rare dans le DSM 3, avec 1 personne sur 1000 touchée, est devenu très fréquent avec des estimations sur mesure pour les labos d’une personne sur 10 qui en souffrirait. La boucle est bouclée. Les maladies sont inventées, promues, les drogues sont testées et mises sur le marché dans la corruption et la dissimulation, d’autres psychiatres assurent la promotion de la maladie et de son traitement. Tel est le pacte du diable au complet qui se traduit par des milliers de morts chaque année, des familles en deuil et une misère humaine sur laquelle s’enrichissent laboratoires et psychiatres. Un système diabolique mais brillant qu’il va bien falloir un jour démanteler si l’on ne veut pas se retrouver tous fous. Pire, sous l’effet de mensonges répétés et imposés à coup de milliards, nous pourrions tomber dans un piège où la vie ne serait plus que succession de maladies mentales et de traitements chimiques. Un cauchemar vers lequel nous nous dirigeons à grand pas.
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