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Une analyse du pourquoi et comment notre société évolue vers un état policier, par Frédéric Grossmann
Posté par admin le 29.12.2009 @ 18:00 Dans Une aide véritable, Réactions | Aucun commentaire
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Il n’est malheureusement pas absurde de considérer que la France, comme presque tous les pays occidentaux, s’achemine vers un état que l’on pourrait qualifier de policier. Je parle ici du fait qu’il existe des signes visibles que nos sociétés s’orientent vers une restriction des libertés et un accroissement du contrôle sur la population, ce qui constituent les caractéristiques d’un Etat policier. Y sommes-nous déjà, je ne le crois pas puisqu’il est encore possible de s’exprimer librement, du moins sur certains canaux.
L’augmentation de la criminalité et les attentats ont conduit à un renforcement des contrôles, intérieurs ou extérieurs. Les polices ont généralement obtenu plus de pouvoirs pour contrôler les citoyens et leur circulation. Difficile de faire la part des choses pour un citoyen lambda entre ce qui est nécessaire pour assurer la sécurité du pays et ce qui constitue un contrôle policier inutile ou dangereux. Pour le besoin de mon propos, considérons en tout cas qu’il y a bien dérive vers un état policier.
Comment empêcher cette dérive?
Vouloir arrêter cette marche vers un état policier ne peut consister uniquement à dénoncer à longueur de temps les mesures répressives qui s’accumulent. Cela n’a pas d’intérêt et c’est un combat d’arrière garde. Il y a par ailleurs une certaine adhésion à ces mesures répressives de la part de la population dans son ensemble. Celle-ci se sent rassurée par l’accroissement du nombre de mesures policières. Alors, plutôt que de s’en prendre aux mesures répressives, il serait plus utile de comprendre cette adhésion de la population et de déterminer les facteurs qui conduisent à ce qui ressemble à un accord de groupe, puis de lutter contre ces facteurs.
Quels sont ces facteurs? Ceux qui me connaissent et qui connaissent mon centre d’intérêt principal vont imaginer que je pense à la psychiatrie. Pas tout à fait.
Un facteur essentiel semble apparemment être la peur. C’est bien sur la peur que tablent tous ceux qui cherchent à instaurer un état policier. Mais je crois que la peur n’est pas le facteur correct.
J’en viens à ce qui me semble être le facteur correct. L’humaniste et philosophe L. Ron Hubbard, fondateur de la religion de Scientologie, a développé une théorie sur la confusion. Il définit la confusion comme étant « tout ensemble de facteurs ou de circonstances qui ne semble pas avoir de solution immédiate ». La criminalité ou le terrorisme sont des confusions d’après cette définition. On ne sait comment les résoudre, ils suscitent l’incompréhension. Face à la confusion, il existe un principe: celui de la donnée stable. Pour venir à bout de la confusion, il faut choisir un facteur, une donnée ou tout élément de la confusion. Une fois un élément saisi, les choses s’ordonnent par rapport à cet élément qui est l’élément stable, puis la confusion disparaît. Pour illustrer ce principe, il suffit d’imaginer un standard téléphonique sur lequel arriveraient 10 appels simultanément. La standardiste serait plongée dans la confusion jusqu’au moment où elle choisirait un appel spécifique et y répondrait. Elle pourrait alors ordonner les actions à mener (prendre chaque appel l’un après l’autre) pour remédier à la confusion. Appliqué à notre société, on pourrait considérer que la répression est la donnée stable face à la confusion que constitue toute forme de violence. Que fait-on face à une criminalité ou une violence qui semblent submergeantes ? On choisit d’arrêter les choses, c’est à dire de réprimer. La répression est le facteur auquel se raccroche une part importante de la population pour supprimer la confusion née de la confrontation à la violence, d’où l’adhésion au système policier. C’est un phénomène compréhensible.
Ainsi la société en période de confusion a tendance à s’acheminer vers un système policier. Cela n’a rien de nouveau. L’Allemagne des années 30, l’Italie des années 20 ou plus généralement toutes les sociétés et tous les pays plongés dans la confusion, ont eu tendance à sombrer dans le fascisme ou dans une forme d’État policier. La Russie actuelle semble être un bon exemple. Un État autoritaire voire policier est né de la confusion ayant suivi la chute du communisme. La Chine suit à peu près le même schéma.
L’explication du phénomène présenté ci-dessus ne nous donne pas d’emblée de solution pour arrêter ce mouvement. Pour éviter de s’orienter vers un État policier, il faudrait soit inciter la société à prendre une autre donnée stable que la répression pour faire face à la confusion, soit éliminer en premier lieu la source de la confusion.
Quelle autre donnée stable une société pourrait-elle choisir ? L’éducation en est une. Face à la criminalité et la violence, améliorer le niveau éducatif et former les jeunes pour les aider à s’insérer sont sans aucun doute des solutions valables. Cela pourrait être une réaction face à la confusion. On investit massivement dans l’éducation comme donnée stable face à la criminalité ou la violence. A l’échelle mondiale, cela implique une aide aux pays pauvres. Cela n’empêcherait pas d’arrêter les criminels ou les terroristes mais l’action répressive parfois nécessaire se situerait dans le cadre d’un progrès éducatif global. C’est sans doute utopique et l’on pourrait rétorquer que cela ne résout pas la situation à court terme.
Il reste donc la solution consistant à éliminer la source de la confusion. Cela passe par la détermination de « qui » crée ou a créé la confusion. Nous y voilà, j’avance ce qui est pour moi une certitude: les psychiatres créent et maintiennent en permanence cette confusion.
Exemples: concernant les criminels, sont-ils des malades mentaux ou non: confusion. Plus généralement, qui est malade mental et qui ne l’est pas: confusion. Qu’est-ce que le bien et qu’est-ce que le mal: confusion. Doit-on punir ou guérir? Confusion.
Il y a bien confusions en ce qui concerne la manière de faire face à la violence et à la criminalité. Ces confusions sont crées par la psychiatrie et ses théories sur ce qu’est le mental humain. Dans une vision psychiatrique de l’homme, le mental humain est un organe, le cerveau, c’est à dire de la matière. Il en découle que l’être humain n’est pas responsable de ses actes. Son cerveau est responsable. C’est une énorme confusion sur ce qu’est la responsabilité des individus qui constituent cette société. Comment juger ce qui est bien et ce qui est mal en l’absence du concept de responsabilité ? C’est ce qui a été détruit pas l’idéologie psychiatrique. Un des fondateurs de la Fédération mondiale de la santé mentale, Brock Chisholm, qui devint directeur de l’OMS, déclarait que l’objectif de toute psychothérapie efficace était l’élimination du concept du bien et du mal. Ce sont les valeurs de cette psychiatrie-là qui ont envahi notre société. Cela se traduit par de la confusion et une incapacité à faire face aux comportements violents.
A cette confusion s’en ajoute une autre : on ne peut rien faire face au mental humain. Qui n’a entendu des experts psychiatres affirmer que les comportements violents ne pouvaient se comprendre ou s’expliquer. Cela débouche sur des accords généraux tels que « c’est complexe, pas si simple, on ne peut comprendre le mental humain, personne n’est responsable…”. Puisqu’on ne peut rien y faire au niveau individuel, une illusion s’est développée : il y aurait des personnes qui « savent », et qui « vont régler ces questions ». C’est une illusion. La psychiatrie est une illusion. La société croit dans son ensemble qu’il existe des spécialistes de la santé mentale. Ce sont les psychiatres, des médecins qui ont effectué de longues études. Ils « doivent savoir ». Illusion collective. Si ce n’était pas une illusion, ces psychiatres règleraient les questions relatives à la santé mentale, mais ils ne le peuvent pas, parce que leur science n’existe pas. Illusion.
Ainsi donc la psychiatrie serait en soi une source de création et de diffusion de la confusion sur les questions liées à la violence ou la criminalité. Je pourrais développer plus longuement, ce serait sans doute nécessaire. Néanmoins, ayant isolé la psychiatrie comme un facteur sous-jacent à la marche vers une société policière, je ne peux que lancer dès à présent un appel à dénoncer cette psychiatrie et ses abus. Quel rapport entre un psychotique délirant nécessitant un enfermement et un état policier, me demanderez-vous. La position acquise par la psychiatrie en s’assurant du monopole de la prise en charge de la « folie » lui permet d’instiller des valeurs, ou plutôt des non-valeurs, dans notre société, et ainsi de créer cette confusion.
Je vais arrêter ma démonstration ici, sachant qu’elle nécessiterait plus que ces quelques lignes. On pourrait sans doute trouver d’autres facteurs créant la confusion qui poussent la société vers un état policier. Les médias en sont peut-être un, encore qu’ils soient plus des amplificateurs de confusion qu’une source. Il y a d’autres éléments que je ne citerai pas, mais je suis certain que la psychiatrie est une bonne donnée stable pour comprendre la confusion du monde. Je ne peux que vous suggérer d’essayer cette donnée stable, puis de voir comment la confusion du monde vous apparaît. J’attends vos témoignages.
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