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Archive pour 4.5.2009
Bilan d’une institution psychiatrique dans la tourmente
4.5.2009 par admin.
Les trois maux de l’institution psychiatrique sont :
- le manque de résultat
- le manque de responsabilité
- le manque de contrôle
Ces trois maux sont apparus au grand jour et à plusieurs reprises en 2008.
Le manque de résultat a été particulièrement mis en avant par l’actrice Sandrine Bonnaire avec la sortie en janvier 2008 du film « Elle s’appelle Sabine », consacré à sa sœur autiste, la montrant avant et après un passage en psychiatrie aux effets qui ont semblé ravageurs.
On se souvient de la une du journal Libération du 29 janvier 2008, le J’accuse de Sandrine Bonnaire: « Ma sœur a été endormie, enfermée, droguée, et tout cela a servi à quoi ? »
Le bruit fait autour de ce film a attiré tous les regards vers l’institution psychiatrique. Une loi a finalement été votée dans laquelle il a été admis qu’il pouvait y avoir de meilleures solutions que l’hôpital psychiatrique pour les autistes.
Une porte a donc été ouverte par les familles d’autistes et il est plus que probable que d’autres associations de patients ou de familles de patients (Alzheimer, schizophrène) vont s’y engouffrer et demander une prise en charge plus adaptée que ce qu’elle peut être en hôpital psychiatrique. Est-ce là le schéma (des prises en charge non psychiatriques différenciées par catégories de pathologies) qui marquera la fin véritable de la psychiatrie asilaire ?
Une autre affaire a particulièrement touché l’hôpital psychiatrique en 2008. Il s’agit du meurtre commis par un patient du CHS de Grenoble en novembre dernier. Ce meurtre gratuit et sauvage a été commis par un patient en hospitalisation d’office mais dont la dangerosité avait été sous évaluée par les médecins de l’hôpital. L’émotion populaire fut énorme avec, peut-être pour la première fois avec cette ampleur, un sentiment de colère envers l’établissement psychiatrique. Le directeur, ayant affirmé un peu vite que son établissement n’était pas responsable, fut relevé de ses fonctions par le gouvernement.
Le Président de la République s’est emparé du dossier et a annoncé diverses mesures pour (ou contre?) la psychiatrie : une enveloppe de 70 millions pour la rénovation des bâtiments et la sécurisation des établissements, la création de nouvelles chambres d’isolement (sans que l’on sache très bien s’il s’agit de remplacer des chambres existantes ou d’en créer de nouvelles), la création de plus de places de sécurité renforcée pour les patients dangereux, enfin une réforme de la loi de 1990 en particulier sur les conditions de sortie.
Que retenir de cette situation:
-
un sentiment que la psychiatrie est plus que jamais un outil et l’hôpital psychiatrique un lieu de répression, mais qu’il y a eu défaillance dans cette mission répressive. (Le Président a parlé de manque de résultats.)
-
Qu’il existe désormais une attention plus soutenue de la part de l’État envers un secteur pour lequel ce rapport montre qu’il y avait un certain désintérêt.
-
Que de nouvelles exigences se font jour en matière de service rendu par l’hôpital psychiatrique à la société, et aussi en matière de qualité de prise en charge.
On ne pourra pas s’en plaindre, et cela passera nécessairement par davantage de contrôle et de suivi.
Monsieur Sarkozy a déclaré qu’il « faudrait que l’on puisse être fier de l’hôpital psychiatrique ».
Pour cela, il faudrait déjà savoir ce qui s’y passe et ce rapport réalisé par la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme s’inscrit dans cet objectif d’intérêt général.
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