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Archive pour 22.11.2008
Le mythe de la maladie mentale
22.11.2008 par admin.
“Étiqueter un enfant “malade mental” est une stigmatisation, non un diagnostic. Lui donner un psychotrope, c’est l’empoisonner, non le soigner.”
Thomas Szasz - Professeur émérite de psychiatrie - cofondateur de la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme.
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Cette interview est extraite d’un discours prononcé par le docteur Thomas Szasz en 2007, lors du 38ème anniversaire de la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme Internationale. |
Quand le personnel de l’école dit à une mère que son fils doit prendre des psychotropes, comment peut-elle savoir que c’est un mensonge ? Comment peut-elle savoir que ce que les experts appellent le trouble de l’attention avec hyperactivité n’est pas une maladie ? Cette mère n’est pas une experte en histoire de la psychiatrie. Elle ne sait pas que les psychiatres ont, durant des siècles, utilisé de soi-disant termes diagnostiques pour stigmatiser les gens et les forcer à obéir. En voici quelques exemples stupéfiants : quand les esclaves noirs du Sud s’enfuyaient, ce n’était pas pour être libres, ils souffraient d’une maladie appelée “drapetomanie”, de drapetes, “esclave en fuite”, et manie. Je n’invente rien. C’était un diagnostic, “légitime”… tout comme le trouble de l’attention…
Quand les femmes, soit la moitié de la population, étaient assez stupides pour se rebeller contre la domination masculine…(rire)… c’est qu’elles souffraient d’une maladie grave appelée “hystérie”, due au “vagabondage de leur utérus”…
Aucun de ces comportements n’a jamais été une maladie et, bien sûr, n’en est une. Pas plus que le trouble de l’attention. Aucun comportement, qu’il soit bon ou mauvais, n’est une maladie ou ne peut être une maladie. Ce n’est pas ça, une maladie. Donc, peu importe comment l’enfant se comporte, il n’y a rien à examiner. S’il a une maladie, il doit alors y avoir un facteur scientifique qui peut être diagnostiqué par un médecin ou faire l’objet d’analyses médicales. C’est pour cela que le médecin vous prend beaucoup de sang et vous fait des radios. Il ne veut pas savoir comment vous vous comportez.
Quand j’allais à l’école de médecine, il y a 60 ans, il n’existait qu’une poignée de maladies mentales, peut-être 6 ou 7. Maintenant, il y en a plus de 300. Et on en “découvre” de nouvelles tous les jours. Étiqueter un enfant “malade mental” est une stigmatisation, non un diagnostic. Lui donner un psychotrope, c’est l’empoisonner, non le soigner. Les maladies sont des dysfonctionnements du corps humain, une défaillance du coeur, du foie, des reins, du cerveau, etc. La fièvre typhoïde est une maladie, tout le monde le sait. Personne n’en doute. La fièvre amoureuse (spring fever)…(rire)… il suffit de la définir pour voir…(rire) que ce n’est pas une maladie.
La tâche que nous nous sommes assignés, combattre la coercition psychiatrique, est importante. Je pense comme vous que c’est important. Il n’y a pas assez de gens qui le pensent. C’est une noble tâche ; nous pouvons persister en dépit des obstacles. Notre conscience l’exige.
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