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Drogués dès la naissance !

Posté par admin le 1.11.2008 @ 15:06 Dans Réactions | Aucun commentaire

C’est à une cadence infernale que la psychiatrie “invente” des troubles mentaux et nous dessine un scénario digne de la science-fiction : tous drogués dès la naissance, peut-être même avant.

Le recours systématique aux médicaments psychotropes pour résoudre toutes les difficultés de la vie, même les plus anodines, est un phénomène qui touche toutes les générations. Même les tout jeunes bébés sont parfois accoutumés aux drogues psychiatriques. Comment arrêter cette déferlante ?

En août 2008, 15 psychiatres ont lancé un appel afin de réduire la consommation de psychotropes en France. En effet, l’année dernière, plus d’un Français sur 5 a consommé ce type de médicaments qui agissent sur le mental et le comportement et dont le volume de vente a été multiplié par deux en dix ans. La consommation des Français est quatre fois plus importante que celle des Allemands, d’après une étude comparative menée par l’Organisation Mondiale de la Santé. Pourtant, d’après l’Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé (OPEPS), “la moitié des personnes consommant des antidépresseurs et plus de deux tiers de celles consommant des anxiolytiques ne présentent pas de trouble psychiatrique relevant d’une indication reconnue”. Cela n’empêche pas que ces substances continuent à être prescrites en grand nombre à la population française, et cela quel que soit son âge. Les conséquences sont pourtant catastrophiques. D’après le pharmacologue Gilles Mignot, les antidépresseurs augmenteraient le taux de suicide chez les jeunes, déjà un des plus élevés au monde alors que les neuroleptiques, une autre catégorie de psychotropes, entraîneraient une surmortalité d’origine cardio-vasculaire chez les personnes âgées.

Une campagne psychiatrique mensongère

La systématisation du recours aux médicaments psychotropes pour résoudre les difficultés de la vie, même les plus anodines, est devenue une réalité. Désormais, de la naissance à la mort, on consomme des psychotropes pour la moindre raison. Que ce soit le décès d’un proche, une dispute conjugale, le stress au travail ou l’agitation des enfants, tout est bon pour prendre sa petite pilule et devenir un consommateur régulier.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Le discours psychiatrique officiel, savamment étayé par des chiffres alarmistes, nous fait croire en l’existence d’un danger couru par tous : la maladie mentale nous guette. On entend ainsi qu’ “une personne sur deux souffrira un jour ou l’autre de graves troubles mentaux. Ce peut être vous, votre femme, votre enfant ou votre parent”… Les preuves ? Il n’y en a pas, mais les chiffres font peur. Les psychiatres ne sont-ils pas des “experts”…? Ces campagnes de désinformation sur notre santé mentale reposent sur des enquêtes réalisées par des professionnels de la psychiatrie le plus souvent en contact avec des laboratoires pharmaceutiques. Au cours d’une audition devant le Conseil de l’Europe, le docteur Fred Baughman, neurologue à l’origine de vraies découvertes de maladies du système nerveux, n’a pas hésité à affirmer que les chiffres avancés par la psychiatrie étaient truqués. Les études sur la santé mentale de la population sont peu fiables et sont manipulées pour influencer les pouvoirs publics et obtenir des fonds supplémentaires.

On ne peut ignorer les confusions d’intérêt existant entre les professionnels de la psychiatrie et l’industrie pharmaceutique, déjà dénoncées dans le rapport Zarifian en 1995. Les experts psychiatres sont tout à la fois employés par l’industrie pharmaceutique et par des organismes de contrôle tels que l’AFSSAPS, ce qui ne peut manquer de susciter des interrogations sur leur neutralité. Les fausses informations véhiculées par les experts troublent les esprits. Le sens donné au mot “pathologie mentale” fait peu à peu disparaître la frontière entre les pathologies réelles et les formes normales de souffrances émotionnelles et morales.

Ainsi les émotions les plus ordinaires de l’existence sont-elles passées au crible d’une psychiatrie normative qui les transforme à dessein en pathologies inquiétantes dont serait victime une partie sans cesse grandissante de la population. Tout, absolument tout, devient prétexte à consulter un psychiatre et à réclamer sa pilule. Qu’on ne s’y trompe pas : si la population semble de plus en plus demandeuse de soins psychiatriques, ce n’est pas un phénomène naturel mais plutôt le fruit d’une politique de marketing soigneusement mise en place par la psychiatrie et l’industrie pharmaceutique.

Cette politique marketing est d’autant plus agressive que, toujours d’après le pharmacologue Gilles Mignot, les progrès thérapeutiques dans le domaine des médicaments psychotropes sont au point mort depuis au moins 5 ans. Faute de nouveaux produits, le seul moyen de développer le marché s’avère être le développement de nouvelles maladies mentales, d’où les campagnes pour faire connaître des “troubles mentaux” tels que l’anxiété sociale ou les troubles d’attention et d’hyperactivité des enfants.

Psychotropes prescrits aux enfants : une maltraitance

[1] Bébé

Les enfants sont devenus la cible essentielle de cette campagne de “psychiatrisation” de la vie elle-même. On se souvient qu’en 2006, des spécialistes de la neuropsychiatrie avaient tenté de faire adopter une loi sur le dépistage systématique des troubles mentaux dès l’âge de 3 ans. Avec ses relents d’eugénisme, ce projet suscita une telle révolte qu’il dut être abandonné, ce qui montreque l’on peut se mobiliser et dire “Non !” à cette psychiatrie abusive.

L’adoption cette année d’un plan gouvernemental prévoyant la création de structures non psychiatriques pour les enfants autistes est un signe que le mouvement de psychiatrisation de l’existence peut être inversé. Des parents au sein d’associations se sont battus pour retirer ces enfants des établissements psychiatriques auxquels ils avaient été confiés sans qu’ils ne reçoivent de traitement adéquat, à part des cures systématiques de psychotropes.

Mais le combat contre l’ambition totalitaire de la psychiatrie est loin d’être fini. Il reste du chemin à faire pour que la France sorte de la liste des pays dont la population est véritablement droguée dès la naissance par des molécules dangereuses aux effets parfois dévastateurs. Aujourd’hui, pas moins de 300 000 ordonnances d’antidépresseurs sont encore délivrées chaque année à des enfants ou adolescents. Lorsque l’on connaît les effets terriblement dangereux de ces produits, il y a de quoi frémir.

Même s’il existe de vrais troubles mentaux, il ne faut pas tomber dans les pièges actuels tendus par la psychiatrie qui cherche en permanence à étendre son champ d’action et son influence dans la société. Une société où la psychiatrie serait en charge de tous les aspects de la vie des citoyens serait le type même d’une société totalitaire. La santé mentale est un bien trop précieux pour la remettre entre les mains d’une psychiatrie dévoyée et qui considère l’être humain à peine supérieur à un cobaye de laboratoire.

Aujourd’hui, aussi paradoxal que cela puisse paraître, la psychiatrie avec ses tendances normatives, voire eugénistes, est un risque qui devrait être reconnu comme tel, un risque mortel pour notre société et la population entière, de la naissance à la mort.

Alexandre Forte


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