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Archive pour 16.7.2008

La psychiatrie transforme les écoles en cliniques psychiatriques

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L’éducation ayant été redéfinie comme moyen de conditionnement, la route était ouverte pour introduire les méthodes de la psychiatrie au sein des établissements scolaires.
Cette évolution est favorisée par le fait que les pouvoirs publics, conscients du fait qu’il y a un problème avec l’éducation mais aveugle sur ses causes, sont tentés maintenant de faire appel à la même clique de psychologues-psychiatres pour « résoudre » une situation directement issue de leurs théories.

C’est ainsi que les psychologues scolaires et pédopsychiatres se multiplient, bien que leur présence n’ait ni contribué à réduire l’illettrisme, ni n’ait pu apporter la moindre solution à la délinquance juvénile.
Certains observateurs ont même constaté une aggravation de ces fléaux proportionnellement aux nombre des ces « experts ».

Pourtant leur présence est renforcée, jusqu’à envisager en 2005 de dépister au sein des écoles tous les troubles mentaux des enfants dès l’âge de trois ans. Le dépistage est justifié par le fait qu’il existerait une souffrance cachée chez de nombreux enfants. On oublie qu’une mauvaise éducation est en elle-même une source de souffrance et de confusion.
Mais on continue sur cette voie.

C’est ainsi qu’une circulaire (N° 2003-210 du 1er décembre 2003) de l’Education Nationale intitulée « La santé des élèves : programme quinquennal de prévention et d’éducation » a été adressée, par le Ministère de la Santé et celui de l’Éducation Nationale, à l’ensemble des acteurs de l’enseignement.
Elle explique qu’”Il faut en effet aujourd’hui, organiser, autour de la santé des élèves, une mobilisation totale.”
Un questionnaire distribué aux élèves de 3ème comporte un volet “santé psychique”. Il est prévu pour la prochaine rentrée scolaire un nouveau carnet de santé, qui comportera “un protocole de consultation intégrant des données sur la santé psychique”.
Objectif : atteindre au moins 50 % des lycées sur 3 ans. D’une façon générale, “la collaboration devra être développée entre le milieu scolaire et les structures spécialisées (CMPP, secteurs de psychiatrie, services de médecine pour adolescents…)”.

La collaboration des deux ministères, celui de la santé et celui de l’éducation, est organisée sur une base permanente : un comité-pilote conjoint est institué (17 juillet 2003) ; une convention est passée entre le Ministère de l’Éducation et l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé ; une autre avec l’INSERM.
Ces dispositifs comportent un processus d’évaluation et d’informatisation des données.
En cas de non-retour de la part des familles, c’est à dire si les parents refusent de faire dépister leurs enfants, il y aura partage de l’information médicale avec un “médiateur”. Façon édulcorée de dire que tout enfant déviant sera dirigé vers un psy pour y recevoir le traitement approprié (psychothérapie comportementale ou médicalisation), et cela quel que soit l’avis de ses parents.

Différents protocoles expérimentaux sont en train d’être mis en place, ciblés en particulier sur la « santé psychique » des enfants. On y trouve: la conception d’un “guide d’actions sur la promotion de la santé mentale”, “l’élaboration d’enquêtes, en passant par des conventions cadres sur la prévention des troubles mentaux ainsi que le suivi des élèves concernés” , “l’expérimentation de la mise en place de dispositifs d’accueil des enfants et des adolescents en souffrance psychique”.
Des groupes de pilotage ainsi que la création d’une vingtaine de lieux d’accueil de la « souffrance psychique » vont être expérimentés.

Ainsi, après avoir miné les bases de l’éducation, les psychiatres et psychologues sont maintenant appelés à la rescousse pour assurer la « médicalisation de l’école » et le rabotage des comportements.

« 1984 » nous voilà !

Les enfants et la psychiatrie 

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