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La Psychiatrie trahit-elle l’éthique médicale ?

Posté par admin le 20.5.2008 @ 16:29 Dans Réactions | Aucun commentaire

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Il en faut beaucoup pour pousser un homme de 45 ans à marcher 700 kilomètres entre Toulouse et Paris. Mais quand on apprend que Christian G. a entrepris son voyage pour dénoncer la brutalité psychiatrique dont sa fille a été victime et la nature de cette brutalité, le respect et la compréhension s’imposent.


Enfermée et bourrée de drogues psychiatriques.

La petite Agathe était déjà suivie par un médecin homéopathe en raison d’une tendance à l’anorexie. Alors qu’elle commençait à reprendre goût à la vie, la rencontre avec un médecin travaillant en psychiatrie a bouleversé sa vie et celle de sa famille. Ce praticien apparemment professionnel n’a pas apprécié les méthodes thérapeutiques de ses collègues et s’est mis en tête de « sauver » la petite Agathe en l’enfermant et en la bourrant de drogues psychiatriques Il a pu convaincre un procureur du fait qu’il possédait la vérité thérapeutique. Deux jours après, les gendarmes débarquaient au domicile des G. pour retirer Agathe à sa famille et la placer dans un hôpital psychiatrique.

Son père décide alors de fuir avec sa fille loin de la coercition psychiatrique, plutôt que d’accepter de la voir détruite par les psychiatres. En fuit, il accepte finalement de la remettre aux mains d’un médecin qu’il connaît et qui décidera très vite qu’Agathe doit recouvrer sa liberté.

Monsieur G., comme des milliers d’autres parents, se bat pour la dignité et la liberté. Contre lui se dresse l’arrogance de la psychiatrie, qui tire son autorité d’une apparence de science médicale, mais qui ne repose que sur le pouvoir d’interner, de forcer.

La trahison de la psychiatrie

D’après le docteur Pierre Pennichon, il existe une différence fondamentale entre la conception psychiatrique de la médecine et celle de tous les autres médecins.

En l’absence de toute étiologie (recherche de causes des maladies) et de tout test physique, la psychiatrie a tendance à s’imposer par la force et la contrainte. Même si seulement 13% des personnes hospitalisées en psychiatrie le sont sous contrainte, seule la peur de la punition pousse la plupart des autres patients à se soumettre à des traitements à la limite du supportable

Pour moi, la psychiatrie est sans doute en train de trahir la médecine. A coup d’expertises manquées, de diagnostics aléatoires sans base scientifiques sérieuse, les psychiatres ont de plus en plus recours à la force. Ils jouent à la roulette russe avec la population dans son ensemble.

Je dénonce notamment la façon dont « l’urgence » est redéfinie en psychiatrie. En effet, la loi de 1990 sur la protection des personnes hospitalisées en psychiatrie a introduit cette notion « d’urgence » sans la définir, mais en laissant aux psychiatres la possibilité d’interner un patient avec une certaine facilité dans ce cadre flou. Les résultats sont alarmants.

Non seulement les internements forcés sur demande d’un tiers ont augmenté de plus de 60% en dix ans mais les internements en urgence, supposés très rares se sont envolés, dépassant dans certains départements le nombre d’internements simples.

Les faits montrent que dans beaucoup de départements, l’usage de la procédure d’urgence est abusif.

Mais aucune plainte ne rendra leur fils aux parents dont l’enfant, placé en isolement dans un hôpital psychiatrique de l’Est de la France, est mort de déshydratation.
Plus que les chiffres, c’est l’émotion légitime des parents qui doit pousser notre société à réformer en profondeur le système psychiatrique français.


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