Infos

Vous parcourez actuellement les archives du blog FREDERIC GROSSMANN pour le jour suivant : 16.5.2008.

Calendrier
mai 2008
L Ma Me J V S D
« mar   juin »
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031  

Archive pour 16.5.2008

Une aide véritable

Guérir « l’incurable » sans psychiatrie

fred.jpg

À Imola, en Italie, le Dr Giorgio Antonucci a développé un programme pour traiter la schizophrénie sans
médicaments ; celui-ci a obtenu de bien meilleurs résultats que la déshumanisation et la prescription de drogues en psychiatrie.

Le Dr Antonucci croit fermement en la valeur de la vie humaine. Sa conviction est que, contrairement à l’enfermement forcé et aux traitements physiques inhumains, la communication peut guérir même les esprits les plus perturbés.

À l’institut d’Osservanza (observation) d’Imola, le Dr Antonucci a traité des quantités de femmes soi-disant schizophrènes, dont la plupart étaient attachées en permanence à leur lit (certaines depuis 20 ans). On y employait des camisoles de force et des muselières en plastique pour empêcher les patientes de mordre.

Le Dr Antonucci commença à libérer ces femmes de leur emprisonnement. Il consacra de nombreuses heures, chaque jour, à leur parler et à « pénétrer leurs délires et leurs angoisses ». Dans chaque cas, le Dr Antonucci écouta des récits d’années de désespoir et de souffrances en institution.

Sous la direction du Dr Antonucci, on abandonna les « traitements » psychiatriques. De même, certains des services psychiatriques les plus oppressifs durent fermer leurs portes. Il veilla à dispenser aux patientes des soins empreints de compassion et de respect, sans recourir à des médicaments. En fait, grâce à ses conseils, le service le plus violent de l’établissement était devenu le plus calme. Après quelques mois, ses patientes « dangereuses » étaient libres, se promenant tranquillement dans le jardin de l’asile. À la fin, elles purent quitter l’hôpital et nombre d’entre elles ont appris à lire et à écrire, à travailler et à se prendre en charge pour la première fois de leur vie.

De plus, de tels programmes parallèles coûtent bien moins cher à la collectivité. Le programme précité et d’autres similaires, démontrent jour après jour l’existence de réponses sérieuses et de l’espoir pour les personnes gravement perturbées.

Journée nationale d’action contre les abus psychiatriques

ccdh-logo.jpgCommission des Citoyens
pour les Droits de l’Homme

BP 10076
75561 Paris Cedex 12
Tel : 01 40 01 09 70

Adresse courriel: ccdh@wanadoo.fr
Site Internet: www.ccdh.asso.fr

Paris, le 15 mai

Communiqué de presse

Samedi 17 mai : A l’occasion de la Journée nationale d’action contre les abus psychiatriques, près d’une vingtaine de manifestations organisées par la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme auront lieu à travers la France pour dénoncer la recrudescence des violences et l’absence de contrôle dans les hôpitaux psychiatriques français.
En Ile de France, 3 manifestations auront lieu devant des hôpitaux psychiatriques : de 10h30 à 11h30 devant l’hôpital Maison Blanche à Neuilly sur Marne, de 12h30 à 13h30 devant l’hôpital Esquirol à Saint Maurice et de 14h30 à 15h30 devant l’hôpital Corentin Celton à Issy les Moulineaux.

Un grand rassemblement final aura lieu de 16h à 17h30 Place de la Bastille à Paris.

Ces dernières semaines, plusieurs incidents ont eu lieu dans des hôpitaux psychiatriques français mettant en cause des membres du personnel soignant qui se seraient livrés à des maltraitances sur des patients.

A l’hôpital psychiatrique Sainte Marie à Nice, une aide-soignante a fortement giflé un patient. Ce patient a été mis en isolement et un médecin ayant souhaité le rencontrer s’est vu refusé l’accès, ce qui avait suscité la colère de la Présidente de la FNAPSY, la fédération nationale des associations de patients en psychiatrie.

En avril, à Agen, une aide soignante exerçant dans l’hôpital psychiatrique du département a été mise en examen pour des sévices répétés sur personnes vulnérables dans le cadre de sa mission.

Enfin, très récemment, ce sont cinq aide soignants de l’hôpital Bon Sauveur d’Albi qui ont été soupçonnés de violences sur des patients.

Finalement, il y a quelques jours, dans une clinique psychiatrique de Haute Garonne, une patiente dont la hanche avait été fracturée par des coups, donnés cette fois-ci par un autre patient, s’est plainte de ne pas avoir reçu les moindres soins médicaux pendant 18 heures. Dans cette même clinique, un adolescent s’est suicidé par pendaison en février dernier et on y dénombre 4 suicides et plus de 40 fugues d’adolescents depuis septembre 2007. Plusieurs plaintes ont été déposées et une enquête administrative de la DDASS serait sur le point de commencer.

Cette répétition de faits sur une courte période montre que la maltraitance est une réalité dans les hôpitaux psychiatriques français.

La Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme dénonce l’absence de contrôles dans les hôpitaux psychiatriques français. Alors que, selon la loi, le Président du Tribunal de Grande Instance et le Préfet doivent effectuer 2 visites de contrôle chaque année dans ces hôpitaux psychiatriques et le Procureur de la République 4 par an, la CCDH constate que dans le grande majorité des cas, ces visites ne sont pas effectuées.

En effet, l’association a demandé à tous les hôpitaux psychiatriques d’indiquer les dates des visites réalisées par ces autorités. Les résultats obtenus auprès de 118 établissements sont édifiants : il n’existe pas un seul département où ces visites sont réalisées selon les termes et la fréquence prévus dans la loi !

Alors que la France vient d’être épinglée par la Comité des droits de l’Homme de l’ONU pour l’état de ses prisons, il est clair que la succession de mauvais traitements et l’absence de contrôle dans les hôpitaux psychiatriques pourrait faire l’objet de remontrances au niveau international.

Les manifestants de la CCDH vont donc demander ce samedi une intervention énergique de l’état pour rétablir la sécurité des patients en psychiatrie en mettant en place de vraies structures de contrôle de ces établissements qui restent trop souvent des zones de non droit.

Pour toutes informations complémentaires, contactez la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme au 01 40 01 09 70 ou au 06 67 56 88 04.

|